La qualité des données est primordiale !

Trois questions à… Lyne Tastet Yonke - responsable de gestion de la Répartition internationale à la Sacem

Concrètement, comment procédez-vous à la documentation des œuvres sur Internet ?

Lyne Tastet Yonke© Marc Chesneau

— Nous recevons des fichiers de déclaration de la part des fournisseurs de contenu numérique (iTunes, Fnac, Orange, Deezer…) par pays et par type d’utilisation (streaming, téléchargement, VOD…). Pour YouTube, la difficulté est plus grande, car nous recevons l’ensemble de son catalogue. 
Une fois ces fichiers de déclaration chargés dans notre système d’information, nous identifions les œuvres exploitées et nous mettons en place la documentation associée. Ce travail permet d’identifier les parts de répertoires à revendiquer selon les contrats signés avec les plateformes numériques.
Au total, ce sont les milliards de données de plus d’une trentaine de fournisseurs d’accès, qui doivent être traitées par sept personnes à temps plein, à la Sacem.

Les volumes de données ont-ils beaucoup évolué ?

— La croissance est exponentielle ! Nous procédons par filtres : sous un certain seuil économique déterminé par le Comité stratégique opérationnel (CSO), les données ne sont pas traitées. Il s’agit des œuvres pour lesquelles l’impression du feuillet serait plus coûteuse que le montant des droits d’auteur à répartir.
Quand les données fournies par le DSP sont précises (titre, créateurs, code ISRC, code ISWC…), l’identification de l’œuvre peut se faire de manière automatique et les droits d’auteur peuvent être répartis.
C’est pourquoi la qualité des données est primordiale ! Par exemple, iTunes nous transmet des données très précises pour les  œuvres téléchargées. 90 % d’entre elles sont identifiées de manière automatique et peuvent donc être revendiquées puis réparties. En revanche, pour les
plateformes web de type YouTube, les données déclarées sont plus disparates et de moindre qualité. Notre moteur d’identification automatique ne parvient donc à identifier que 51 % des œuvres.

Tout se fait donc automatiquement ?

— Non, bien entendu, nous procédons à une codification manuelle pour toutes les  œuvres qui n’ont pas pu être traitées de manière automatique. Mais là encore, les volumes sont immenses !
Et nous procédons à un second filtrage : nous traitons à la main les œuvres dont la diffusion dépasse un certain seuil (deux cents téléchargements, vingt mille écoutes en streaming et deux cent mille vues pour YouTube). Aujourd’hui après ce filtrage, par exemple pour un trimestre d’exploitation YouTube sur les cent vingt-sept territoires couverts par le contrat, nous devons traiter à la main plus de vingt mille titres en moins de trois semaines. En effet, il faut impérativement respecter les délais de facturation. Le temps ne suffit pas !

Publié le 18 juillet 2016