Les défis de la modernisation technique

La Sacem s’est saisie des nouvelles technologies pour valoriser les droits d’auteur et développer les services à ses membres comme à ses clients, tout en optimisant son efficacité opérationnelle et en créant des opportunités de développement dans un monde de plus en plus globalisé, où la gestion collective doit consolider sa place. Les plans d’action de modernisation technique sont autant de réponses aux défis numériques.

Par Christophe Waignier - directeur des Ressources et de la Stratégie à la Sacem

Christophe Waignier© Marc Chesneau

Un des premiers enjeux est de pouvoir apporter une réponse technique appropriée à la globalisation des usages et des acteurs de la musique en ligne dans un contexte de fragmentation des répertoires.
Aujourd’hui, l’objectif est de pouvoir traiter les rapports d’activité de n’importe quel service Internet qui offre de la musique et des contenus audiovisuels sur l’ensemble des territoires du monde, et uniquement pour les oeuvres que nous représentons.
En 2008, grâce à la signature du mandat paneuropéen de gestion du online avec Universal, la Sacem a posé les premières briques fondatrices de ce qui s’impose à elle aujourd’hui. Depuis deux ans, la Sacem a accéléré un grand chantier de rénovation de ses outils de facturation pour le online, ainsi que la refonte de tous ses outils de documentation et de répartition.
C’est un travail très important mis en œuvre pour être finalisé en 2018. Cet effort porte déjà ses fruits puisqu’aujourd’hui, la Sacem traite, par exemple, YouTube sur soixante-quatre pays en facturation et répartition pour la musique. Il en est de même pour Spotify, ou encore Deezer et iTunes, sur l’ensemble des pays européens.
Au total, ce sont plus de 12 000 fichiers représentant 4,8 milliards de lignes d’usage multiterritoires, qui ont été analysés, en 2015, pour une facturation et une répartition à l’œuvre. 
Pour atteindre ses objectifs, la Sacem doit accroître la vitesse de mise à jour de sa documentation en France, mais aussi sur un nombre croissant de territoires en tenant compte de la complexité des accords de sous-édition locale.
Chaque année, la Sacem doit intégrer dans ses systèmes plus de 1,8 million d’œuvres nouvelles. Ce travail n’est possible qu’avec un recours accru à des outils performants d’automatisation des mises à jour de la documentation via, notamment, notre projet de mise en œuvre du Format CWR.

Définir des normes internationales

En parallèle, il est nécessaire d’intensifier les relations et les échanges d’informations sur la documentation avec l’ensemble des acteurs de la chaîne des droits dans le monde : éditeurs, sociétés et créateurs. La Sacem participe, ainsi, activement aux travaux de FastTrack et de la Cisac, Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs avec, parmi ses objectifs à court terme, le développement de l’utilisation d’identifiants communs pour l’échange d’informations (ISWC pour les oeuvres, IPI pour les ayants droit, ISRC pour les enregistrements, AVI pour les contenus audiovisuels). Elle contribue également à la définition d’une nouvelle stratégie pour FastTrack (projet Cis-Net) destinée à produire une vue cohérente et mondiale des oeuvres et de ses ayants droit.

La croissance des données

Deuxième gros enjeu, pour la Sacem : faire face à une croissance très significative des volumes de données d’usage qu’elle traite tous les mois, sans pour autant pouvoir envisager sérieusement une croissance exponentielle des collectes associées. Trois éléments justifient cette
tendance. Tout d’abord, l’éclatement des audiences et des services qui augmentent le nombre de données d’usage à analyser. Ensuite, le développement du streaming, au détriment du téléchargement, qui accroît de manière exponentielle le nombre de lignes à traiter. Enfin, l’internationalisation de l’activité sur le online. Cette croissance considérable des volumes s’accompagne souvent d’une baisse de la qualité des données qui sont transmises par les diffuseurs et services en ligne. Le challenge est donc significatif : la Sacem doit accroître
sa capacité de traitement à un prix raisonnable tout en augmentant la qualité des données et ce, afin de ne pas surcharger les équipes avec des travaux d’analyse de microtransactions.

L’exigence de services nouveaux

Le numérique engendre aussi de nouvelles exigences de services de la part des membres et des clients. Le nouveau portail de services sur le Web offre, ainsi, une accessibilité maximale quel que soit l’outil (PC, tablette…). Les services proposés sont disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et proposent tout ce que le numérique offre comme opportunités nouvelles pour faciliter la vie de chacun.

 
À bien des égards, la Sacem est à la pointe de l’innovation et dispose de tous les atouts nécessaires pour s’adapter aux exigences des nouveaux usages et tracer une voie nouvelle pour une gestion collective mondialisée qui reste centrée sur la diversité de ses membres et la valorisation de leurs droits.

 

Publié le 18 juillet 2016