Georges Jouvin s'est éteint mais sa trompette résonne encore

25 octobre 2016

C’est avec une vive émotion que la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a appris la disparition de Georges Jouvin, compositeur et trompettiste virtuose, incontournable de la musique de variétés et du bal dans toute la splendeur et l’élégance de ce répertoire.

Avec son instrument, Georges Jouvin représente à lui seul un palmarès à couper le souffle : 70 albums, 3000 titres enregistrés, 25 millions de disques vendus, un Oscar de l’Académie du Disque en 1981… En qualité d’auteur-compositeur, il a déposé plus de 300 œuvres à la Sacem et a noué de nombreuses collaborations artistiques avec les créateurs Jo Moutet, Alice Malakina et Paul Piot.  

Des années 50 jusqu’aux années 90, celui que tout le monde surnomme « trompette d’or » pour son immense talent, connaît un très grand succès. Impossible en effet d’avoir grandi dans les sixties sans garder en mémoire ses pochettes de disques chatoyantes, à l’image de sa joie de vivre et de son humour discret. Georges Jouvin y reprend un florilège de tubes du moment : Oh mon papa, Le silence,  La paloma, Gelsomina, Le rififi, Histoire d’un amour, Le torrent, Les larmes de la trompette, Ton sourire est dans mon cœur, Caravane dans la nuit, Mea culpa, La plus belle chose au monde, Un amour qui s’achève, Toi ma trompette, Rien qu’un souvenir, Trompette story, Symphonie pour notre amour, Concerto pour une trompette d’or…

Pas un hit qu’il n’ait repris au temps des années Vega et Pathé-Marconi.

Né à Rennes dans une famille de musiciens, il découvre le piano à dix ans et poursuit des études musicales, avant d’obtenir un premier prix d’harmonie, de solfège et de trompette, sur place, puis au Conservatoire National Supérieur de Paris. De formation classique, c’est dans des orchestres symphoniques qu’il débutera sa carrière. On en retrouve la trace dans ses nombreux arrangements de l’Adagio d’Albinoni,  Nabucco, Carmen, La Flûte enchantée… et tant d’autres.

Profondément altruiste, Georges Jouvin s’était aussi engagé avec conviction et passion au service de la défense du droit d’auteur pendant de très nombreuses années. Il fut ainsi l’une des figures les plus populaires du Conseil d’administration de la Sacem dont il fut le vice-président à trois reprises ainsi  que de la Sdrm (Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique) qu’il a également présidée à l’occasion de trois mandats.

Ce magicien des notes incarne un pan de notre patrimoine populaire, la bande-son de nos premiers transistors, au temps des grands orchestres ! Toujours sur la route,  il a passé sa vie sur scène, en France comme dans le monde, du Japon à l’Amérique, jamais sans son instrument, rockant ou valsant en 45 et en 33 tours. Georges Jouvin était animé d’une incroyable énergie, d’un amour pour la création musicale, d’un éternel optimisme… La Sacem salue la mémoire de cet homme de talent, qui n’a jamais cessé de faire rimer musique et « vivre ensemble ». Sa trompette résonne encore et toujours…

  

"Georges était l'ami de tous les musiciens. Je l'ai connu à mes débuts. En écrivant les arrangements d'un de ses célèbres albums et il est devenu tout de suite un ami toujours disponible et fraternel. Nous perdons aujourd'hui un grand militant du droit d'auteur qui restera pour nous tous un modèle".

Jean-Claude Petit, Président du Conseil d'administration de la Sacem

"Georges Jouvin a mis sa longue vie au service de la musique, des musiciens et du public. Brillant élève et lauréat du Conservatoire, il a su populariser son instrument de prédilection en interprétant à sa manière et avec son talent unique tous les succès des années cinquante aux eighties. Nous perdons aujourd'hui un saltimbanque gentleman". 

Claude Lemesle, Président d’honneur de la Sacem

Publié le 25 octobre 2016